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Question de relaxer un peu afin d'évacuer le stress du travail, ce voyage a commencé par un petit détour (2 jours) dans le merveilleux décor de Lake Tahoe situé sur la frontière de la Californie et du Nevada. Nous avons enfourché nos vélos sur place dans le but de nous familiariser avec le climat très chaud et sec de cette région en préparation à notre périple quelques jours plus tard. Il faut savoir que ce magnifique lac nourri par les glaces des montagnes qui l'encerclent sur 360° est situé à 6500' d'altitude. Une belle occasion de tester notre cardio.
Veuillez noter que moi et ma copine voyageons léger avec des vélos cyclo-sportifs. Nos dodos se font en tout confort selon ce qui est disponible sur réservation à l'avance.
Jour 1, 85 km. Le mercure affiche un chaud 40°C. Heureusement, les premiers kilomètres nous permettent de nous réchauffer les muscles sur une route de campagne quasi déserte et d'un paysage totalement plat. Le petit déjeuner se prend à Winters et c'est au 42e km que les vallons apparaissent ainsi que les montagnes qui nous mènent vers Napa. La premiére montée nous rappelle qu'il y a une fin à toutes bonnes choses. Ça monte abruptement et les rayons de Galarneau font leurs effets. Au milieu de cette montée, le magnifique lac Berryessa, d'un bleu éclatant, nous donne envie d'y plonger. La vue est spectaculaire avec ces montagnes dénudées où le sable est maître. La descente ne réussit point à nous rafraichir et l'eau de nos bouteilles, devenue chaude, rendra cette première étape plus corriace, la suite se résume en montées presque sans relâche. La route devenue plus étroite ainsi que les cowboys avec leur gros sabots roulants s'ajouteront aux difficultés de notre journée. L'arrivée à Napa se passe toute en descente mais les virages serrés nous obligent à freiner nos ardeurs. Dans l'ordre, les étirements indispensables, le bon vin blanc frais de la vallée et la bouffe furent tous très satisfaisants. Quelle journée!
Jour 2, 45 km (facultatif). Une visite dans cette région n'est pas complète si on ne prend pas le temps de découvrir la Silverado Trail qui nous emmène dans le coeur et la coupe des vignobles de la très populaire Napa Valley. Notre Bed & Breakfast inclut la WinePass, celle qui nous permettra de goûter sans frais supplémentaire aux vins de plusieurs vignobles, toute une économie car à 5$ US la dégustation, la raison prend le dessus assez vite. De bons américains nous ont ramenés à Napa avec nos bécanes dans un 4x4 après une agréable fête de quartier du fameux 4 juillet à St-Helena, comme quoi ils savent aussi être très sympatiques. Nous y avons rencontré un vrai français venu faire fortune dans la vallée des vins ainsi qu'une certaine Mme Lefebvre dont les parents sont originaire de …Cowansville. Vive la Californie! 45 km d'une route plane s'additionne à nos odomètres pour cette journée de repos.
Jour 3, 85 km. Précisons qu'une vague de chaleur fait hausser la température. Celle-ci s'accrochera jusqu'à la fin de notre séjour. Somme toute, c'est une journée facile sans grimpe. Nous avons fait un arrêt au très connu vignoble Buena Vista afin de nous procurer un petit rosé pour le souper à Sebastopol (Autre présence Québécoise) situé au sud-ouest de Santa Rosa. Nous avons traversé la petite ville de Sonoma qui ne peut cacher son influence mexicaine et ensuite, notre route s'est poursuivie dans la vallée de Sonoma sur le plat entouré d'un superbe paysage de montagnes unique à cette région de la Californie. Santa Rosa nous mènera à Sebastopol non sans peine! Il y a une piste cyclable qui longe le côté sud de l'autoroute et c'est le seul moyen de se rendre alors il ne faut pas hésiter à questionner les gens qui sont d'ailleurs très gentils. Une chambre confortable nous attendait. Le marché d'alimentation nous a permis de nous procurer sushis, fromage, pain, viandes froide pour accompagner notre rosé préalablement mis en glace et le tourbillon, lui, de nous préparer une bonne nuit de sommeil au frais.
Jour 4, 80 km. Cette superbe journée de vélo nous permettra de découvrir les phénomènes climatiques de la belle Californie. Pour sortir de Sebastopol direction nord, il faut poser des questions et s'assurer de ne pas prendre la route 116. Il y a, en suivant la piste cyclable, une petite route qui enjambe une montagne qui est très paisible. La montée se fait à l'ombre des arbres de même que la descente tortueuse jusqu'à Monte Rio, petit village qui offre une possibilité de se baigner pendant qu'il fait encore chaud. C'est à ce moment qu'on file vers l'ouest, c'est-à-dire vers la côte. Étroite, peu achalandée et panoramique, ce filon de route nous permet de réaliser qu'à chaque coup de pédales, les degrés disparaissent et le vent s'amènent. La chaude Californie fait place à la côte ouest de la Californie. Il est d'ailleurs recommandé de toujours rouler nord-sud sur la côte à moins de préférer la misère. La vague de chaleur fait que la ligne de brouillard, présente à l'année longue, est repoussée vers la mer et cela nous permet de voir ce paysage magnifique qui n'a rien à voir avec la côte est. La mer démontre sa puissance et nous dévoile ses plus belles oeuvres. La circulation devient tout-à-coup plus dense et on se demande bien d'où ils sortent tous… La route, devenue encore plus étroite, plus tortueuse et plus vallonnée, est unique en son genre. Le décor change à chaque virages et à chaque nouveaux sommets, quel plaisir! On s'adapte rapidement à dame nature et quelques kilomètres avant notre arrivée à Tomales Bay, à l'abri du vent, nous avons dû revenir à notre look été. Tout en descente, après de légères montées, nous sommes arrivé à destination. Avec ces changements de climat, nous avons l'impression d'avoir roulé pendant plus d'une journée! Une petite chambre coquette, une bonne douche, un bon souper et dodo tôt car le lendemain, ce sera une dure journée…
Jour 5, 170 km. C'est la période sèche alors nous sommes certains d'une chose, c'est qu'il ne pleut jamais. Difficile de prendre un bon déjeuner dans ce village car les restaurants sont tous fermés lors de notre départ à 8h. Cette journée sera divisée en trois parties; chaude, froide et…confortable mais somme toute, agréable. Toujours vers le sud, à travers San Francisco et son célèbre pont, ensuite Half Moon Bay jusqu'à Pescadero. Les 30 premiers km jusqu'à Olema sont d'un plaisir orgasmique, la mer, les prairies, les montagnes, l'air, le soleil, la qualité de la route, l'absence de circulation (ils sont tous au lit), de petits vallons qui se succèdent les uns après les autres et de beaux plats pour faire grimper notre moyenne, tout y est, mais certains ne sont pas garantis! Pour ceux qui ont le temps, il faut prévoir une journée entière à « Point Reyes National Seashore » mais oubliez ça avec vos vélos! Vélos de montagnes ou souliers de marche requis. À Olema, on file vers l'est, facile à retenir, c'est là où ça monte. Mais tout ce qui monte redescend et celle-ci ne fait pas exception. Tout en beauté, le plaisir continue dans un autre paysage toujours aussi splendide. Dans cette portion, c'est le « Samuel P. Taylor State Park » les cyclotouristes (campeurs) y séjourneront sans aucun doute. Ensuite, c'est l'approche de la grande ville qui n'est pas aussi désagréable qu'appréhendé car plusieurs voies et pistes cyclables ont été aménagées intelligemment. Encore là, la température descend à chaque fois qu'un kilomètre s'additionne. À Sausalito (Village flottant), le vent et l'air froid nous obligent à enfiler une pelure supplémentaire afin de se garder au chaud. De 32°C, on se retrouve à 20°C vite fait. L'approche du Golden Gate débute sans pour autant le voir car on entre dans la zone brouillard permanent, ou presque. Il fait froid, maximum 15°C, et le vent souffle très fort et en tout temps semble-t-il! À notre grande déception, la traversée de la baie de San Francisco ne fut pas une expérience mémorable à part que nous avions jamais vécu un changement de température aussi dramatique en si peu de temps. Nous rejoignons la côte en traversant de beaux quartiers de cette ville unique en son genre dans le soleil et un 25°C. Le retour sur la côte est traumatisant! Le vent est agressant et la visibilité est nulle. Nos ordinateurs affichent déjà 100 km et il est temps de faire le plein. « All you can eat » avec au menu, sushis, pétoncles, crevettes géantes, saumon fumé et toute la famille de la mer à un prix ridicule, c'est ce que nous avions besoin. Mais le retour à l'extérieur est terrible, maintenant c'est « All you can wear »! Les fesses commencent à irriter et la suite ne sera pas de tout repos. Daly City, Pacifica jusqu'à Half Moon Bay demande une bonne dose d'expérience sportive car ici, c'est l'opposé du début de cette journée. La montée « Devil's Slide » s'adresse aux durs par son inclinaison, sa longueur, son absence total d'acottement et sa très dense circulation…stressant et un peu suicidaire! La vue, d'en haut, est spectaculaire si le brouillard veut bien collaborer. Et maintenant, on descend mais avec prudence car les touristes à moteurs affluent et n'ont pas de temps à perdre derrière un vélo! Les kilomètres suivants, c'est-à-dire environ 55, se succèdent en montées et descentes plus ou moins exigeantes ainsi que de plats qui nous permettent de garder une vitesse plus raisonnable sur un large accotement sécuritaire et bien entretenu. Le soleil, à force de persister, fini par nous accompagner jusqu'à destination, Pescadero. Nous y avons trouvé (sur réservation à l'avance) un chalet dans une forêt de « Redwood ». Dans « la » station-service de ce très petit village, sur recommandation, nous avons, pour souper, mangé de gigantesques et meilleurs burritos de notre vie accompagnés de nachos et de salsa pour 5$ US plus la bière (Modela Negro, une rousse mexicaine délicieuse) évidemment. Une journée qui mérite une médaille. Au risque de me répéter, 170 difficiles kilomètres!
Jour 6, 135 km. Le réveille-matin fut nécessaire pour la levée du corps car le soleil ne perce que très peu au travers ces arbres géants. Retour vers la route 1 sous le soleil, les fesses ont en souvenir les derniers jours de vélo et devront s'y habituer car une autre longue journée nous attend, celle-ci nous mènera à Monterey. Le déjeuner se prend plus loin sur recommandation de nos hôtes de la veille. Un truc pour bien manger en voyage consiste à demander aux locaux leur(s) endroit(s) préféré(s), c'est efficace et économique. Le brouillard épargnant la côte, le cuissard court et la camisole sont de mise, ce qui constitue une exception à la règle sur cette portion du parcours. Tant mieux. Nous roulons au niveau et en bordure de la mer sur le plat à part quelques rares enflures. La circulation est modérée, l'accotement est généreux et le vent de dos, ce qui est bien apprécié de notre mental et de nos jambes aussi. La ville de Santa Cruz, en bordure de l'océan, montre de belles couleurs chaudes et l'architecture mexicaine et/ou espagnole est remarquable, c'est de bon goût et ça fait rêver un peu. Le centre-ville, lui, un peu moins avec son parc d'attraction qui domine le Pacifique. Les pistes cyclables abondent et elles sont respectées par les voitures de façon étonnante. À la sortie de Santa Cruz, nous quittons la côte pour y revenir à Monterey 70 km plus loin. Nous entrons dans les immences terres agricoles de Salinas Valley et traversons des champs de fraises à perte de vue. C'est cruel pour nos narines qui sont fortement chatouillées par l'odeur qu'elles dégagent et nous devrons espérer rencontrer un kiosque afin de nous satisfaire. Il n'est pas recommandé de se servir à même les champs car les cultivateurs américains réagissent très mal au vol de leurs cultures. Nous avons trouvé et dégusté nos fraises tant désirées (gracieuseté d'une erreur dans notre guide)…succulentes! Nous répèterons l'expérience plus tard. Avis aux intéressés, nous sommes passé par la capitale de l'artichaut, Castroville. Nous avons dû, par la suite, faire face au vent et partager une route achalandée avec une circulation nombreuse sur ce qu'on pourrait presque appeler une autoroute. L'approche et l'arrivée à Monterey se fera exclusivement sur piste cyclable et cela pendant de longs kilomètres. Une fois de plus, le beau temps a collaboré tout au long de cette journée. Pas question de sortir ce soir, nous sommes épuisés.
Jour 7, repos total. Après une longue nuit de sommeil bien méritée, nous nous retrouvons au Aldorado Café, la place préférée des locaux et connue de toute la région. Il y a beaucoup à faire dans cette ville côtière et nous prenons un plaisir à nous y promener et à fouiner par une autre magnifique journée. Les loups de mer qui se baignent dans la baie sont l'attraction majeure. Ils connaissent bien les horaires des pêcheurs et c'est le festin jour après jour. Ils sont par centaines à se faire bronzer sur les rochers et les quais du port. De bons vivants qui réussissent à nous divertir sans frais.
Jour 8, 85 km. Dernière journée de vélo du voyage car la suivante servira à retourner par navette à San Francisco où nous séjournerons 3 jours à flâner avant notre retour à Montréal. Cette sortie est un aller seulement à Big Sur, un incontournable, avec retour en navette à Monterey. Par une matinée froide dans un épais brouillard, nous prenons la direction sud vers Pebble Beach. Il nous vient à l'idée de rebrousser chemin tellement il fait froid mais les aventuriers ne mettent jamais ces idées à exécution à moins que leur vie soit en danger. Ce n'est pas le cas, c'est seulement l'appel du confort douillet. Heureusemant car, plus loin, le soleil apparait et le paysage est spectaculaire. Il n'y a qu'un seul critère pour habiter ou posséder une maison (lire château) à Pebble Beach et Carmel; Être très riche! La « Seventeen Mile drive » est une route à pédaler absolument pour la vue qu'elle offre, sa beauté et son faible achalandage (en semaine tôt le matin). D'immences et superbes résidences de bon goût dans un décor à faire baver, même Jean Coutu. Des jardins naturels longent un océan déchaîné et un terrain de golf hébergeant des familles de chevreuils qui ne craignent pas notre présence. En fait, nous y avons compté plus de chevreuils que d'humains. Par la suite, jusqu'à Big Sur, le panorama est impressionnant tout le long et avis aux personnes qui souffrent de vertige, quelques ponts qui datent des années 30 donnent des frissons. Le paysage nous fait oublier les montées qui, malgré tout, s'attaquent assez bien et les descentes nous ont permis de battre nos records de vitesse. Big Sur est un paradis de campeurs, randonneurs et cyclistes de montagnes. Le retour à Monterey s'est fait tout en confort dans une navette (avec support à vélos) qui assure la liaison entre Monterey-Carmel-Big Sur plusieurs fois par jour, tous les jours pour la modique somme de 3.50$ US! La Californie est à l'avant-garde sur tous les plans dans le secteur du vélo.
Ce voyage ne fut pas le fruit de l'improvisation, nous avons roulé quelques 500 km dans les semaines précédentes, moins qu'à l'habitude en raison du mauvais temps au Québec, et l'expérience sur route est fort recommandée.
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